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Dimanche 01 août 2010
L'alimentation au Moyen Âge

Les documents sur la gastronomie du haut Moyen Âge sont très rares. Ce n'est qu'à partir du Xllle siècle, avec la diffusion grandissante de l'écrit, que l'on transcrit sur le parchemin ce qui s'échangeait oralement. D'anciens manuscrits culinaires datant de 1300, oeuvre des cuisiniers professionnels attachés à de grandes maisons princières ou ecclésiastiques, ne témoignent que d'une cuisine aristocratique. Les comptes d'approvisionnements fournissent aussi des détails intéressants mais succincts mais ils concernent la même catégorie sociale. Quant aux images illustrant les repas ou banquets, il est difficile d'identifier avec certitude les mets présentés.

La viande,
objet de toutes les attentions

Au Moyen Âge, certains aliments ne se consomment pas et ce, en dehors des prohibitions religieuses. Sur une liste composée à Bruges, on trouve : les loups, renards et putois, éléphants, chats, singes, ânes et chiens, ainsi que les aigles, éperviers, faucons et autres oiseaux de proie et même les légendaires griffons. Tous les aliments consommables n'ont pas la même valeur, certains se rapportant à des comportements barbares, d'autres jugés trop rustiques pour figurer à la table des grands.
À l'orient du monde chrétien vivent des mangeurs "qui se nourrissent de bêtes crues et de chair humaine" a-t-on écrit au Xlle siècle. Il paraît même que certains peuples "mangent des poissons vraiment crus et boivent la mer salée".
On pense que la viande est source de force mais aussi de mal. C'est l'aliment des seigneurs qui, en plus des produits de la chasse, consomment des animaux de boucherie et de basse-cour. Habitude réprouvée par l'Église car la viande risque d'échauffer le mangeur et de le conduire à la luxure.
Les aliments sont hiérarchisés selon leur proximité à Dieu. La première place revient aux volatiles et la dernière aux plantes qui viennent de la terre. Il faut encore différencier les feuilles poussant sur une tige, comme les choux, laitues, épinards, pois, fèves,... et les racines croissant sous terre telles que les raves et les carottes blanches. L'ail, les oignons et les poireaux sont vraiment méprisés à cette époque. Les fruits récoltés sur les arbres conviennent parfaitement aux classes élevées de la société, les légumes sont laissés aux paysans.

Selon la saison,
le paysan peut profiter
des ressources de la nature, de la chasse et de la pêche.

Dans l'alimentation des paysans (neuf dixièmes de la population), les céréales semblent dominer. Elles sont préparées le plus souvent sous forme de pain ou en bouillies pour l'avoine par exemple. La ration journalière en temps normal, hors des famines et disettes, peut aller jusqu'à un kilo de pain par personne, ce qui procure l'essentiel des calories mais conduit à des déséquilibres nutritionnels.
Dans les temps difficiles, lorsqu'il ne peut plus faire son pain, le paysan doit se résoudre à manger n'importe quoi. Pour survivre, les plus pauvres font cuire des orties simplement à l'eau salée.
Nombreuses sont les mauvaises années dues aux conditions climatiques. À l'approche de l'an mille, une terreur collective s'empare du monde, créée par la prédiction du châtiment qui devait frapper les pécheurs au "dernier jour universel" et à laquelle s'ajoutent toutes sortes de superstitions. Cette époque fut marquée par une grande famine causée par l'incurie du peuple qui dans l'attente de la mort, avait cru inutile de cultiver les terres.

Tour d'horizon non exhaustif, dû à l'érudition de Tina Couybes
présidente de l'AS.C.A.L.A., cercle historique alpicois.

 
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